Histoire

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Conilhac, d’origine très ancienne, fut sous l’occupation des Romains dénommé ainsi:

Conil signifiant “lapin”, Hac “domaine”

CONILHAC= DOMAINE DES LAPINS

Le village primitif se trouvait sur le versant de la colline ainsi que le prouvent des vestiges d’anciens murs. Au Moyen Age, il fut reconstruit un peu plus loin dans la plaine. Des fortifications l’entourèrent. Le portail d’entrée, avec mâchicoulis, était accolé à l’actuelle Tour de l’Horloge, qui faisait elle-même partie des remparts.
Le village est situé sur le grand axe routier de la D 6113, proche de l’Autoroute A61 et de la voie ferrée Bordeaux Sète.
Le CD 165, pittoresque route touristique, qui traverse du sud au nord le village vous amènera au pied de la Centrale Eolienne d’Escales- Conilhac et au Col de la Portanelle, traversant ainsi un des derniers contreforts des Corbières, séparant la grande plaine et le village des portes du Minervois et de la Montagne Noire.
Un incomparable vin des “Corbières” vous y sera proposé.
Reconnu pour sa programmation culturelle avec un festival de jazz de grande qualité et ses animations tout au long de l’année, Conilhac est un village qui vit et où il fait bon vivre.

Au hasard de vos promenades, vous pourrez trouver :
- des sépultures et habitats gallo-Romains
- La Tour de l’Horloge et le vieux quartier du Caire
- Le vieux Moulin
- La Place du Lavoir
- La Sabatiera , point de résurgence des eaux de pluie.
- Les vestiges du poste de télégraphe Chappe.
- La boucle de Randonnée de l’Aousina.

Mentions historiques faisant état de Conilhac:

Castrum nommé Conneracum (1142)
De Oneraco (1165)
Honairacum (1257)
Rector de Conilhaco (1351)
Counilhac (1537)
Conilhac (1781)
Conilhac du Plat Pays jusqu’en 1938 puis CONILHAC CORBIERES

SUPERFICIE de CONILHAC 1218 ha
ALTITUDE: 74 mètres


Les maires de notre commune depuis 1929

Mars 1983

2014

Serge Brunel

 

inspecteur général CNFPT

Mars 1959

1983

Joseph Brunel

 

cheminot

Mai 1945

1959

Roudel

 

Mars 1941

1945

Jean Dantras

 

précédemment adjoint

 Mai 1935

1941

Pierre Pauc

 

décédé le 8.3.1941

1929

1935

Etienne Minguet

 

(source Vilatjes al pays de R.Poudou)

 

 

Léon SEGUY enfant de Conilhac a écrit ce poème lors de la deuxième guerre mondiale, en mars 1942, éloigné de son village par le travail obligatoire en Allemagne, vous trouverez ci-dessous la traduction française et la transcription phonétique, pour vous exercer à notre belle langue.

Un vilatje polit, al pè d’una colina

Regarda lo solhel e lo trin què camina

S’apela Conilhac e dé tot lo canton

Es apreciat a sa justa valor

Planièr coma la man, de l’Horto al Castèl

Los ostals son agropats per formar un mantèl 

Sol lo Caïre es vièlh, è coma la ciutat

Gardo lo sobernir de son ancian passat.

Mè sos los platanièrs la rota es plan béla,

E l’estiu, y fach d’ombra, dusca a la Roussella

Los joves s’y amusan, en cantan de cançons

E l’oliu, pot vos dire, quand s’y fa de potons

L’ivèrn y fa bon, al pè d’un foc de socas

Maï quand l’estiu arribo, amb totas las moscas,

Cadun va a la vhina, véser si los borrons,

Faran un pauc de vin, per emplir los porrons

Alara la fèsta arribo, e pendent quatre jorns,

Lo bolantjer fa coire los polets dins son forn

Al bal de la placeta, garnit de bandierolas

Filha e gojats van fa la farandola.

La melhora sason, es quand lo rasim vaira,

Lo trabalh es aqui, e cadun se devaria ;

E dins totas las vhinas de la Roque al Mourel,

Mème al Aqueduc, mème a Villarzel,

Las femnas en cantan, remplisson los costals

Que los carretièrs ramènons al l’oustal.

Los granachas, la viuleto, tot dins la mème tina.

Farat un vin daurat que paga pas de mina.

Guart aqui en un mot, ço qu’es nostrè vilatje,

O totes y sion plan aüros, contents e satjes,

Cossi aimarion pas, nosautres, que totjorn,

Y beuben nostre vi, amb tendre amor,

Conilhac, Conilhac !! Si un jorn t’aven quitat,

Maï la guèrra finita, e tot pla acabat,

Tornaren en cor, dins nostro bèla vila,

Rigolar en familha en trabhalan la vinha,

Y tornaren totjorn per y viure en  patz.

Ce joli village, au pied de la colline

Qui regarde le soleil et le train qui cheminent

S’appelle Conilhac et dans tout le canton

Il est apprécié à sa juste valeur.

Plat comme la main de l’Horte au Château,

Ses maisons sont groupées pour former un manteau.

Seul le Caire est vieux, et comme une cité

Garde le souvenir de son ancien passé.

Mais sous les platanes, la route est bien belle

Et l’été, l’ombre s’y étend jusqu’à la Rousselle.

Les jeunes s’y amusent en chantant des chansons

Et l’olivier peut vous dire quand ils s’échangent des baisers

L’hiver il y fait bon auprès d’un feu de souche.

Mais quand l’été arrive, avec toutes les mouches,

Chacun va a la vigne voir si les bourgeons

Donneront un peu de vin, pour remplir le 

Alors la fête arrive et pendant quatre jours

Le boulanger fait cuire des poulets dans son four.

Au bal de la placette, garnie de banderoles,

Filles et garçons vont faire la farandole.

La meilleure saison c’est quand le raisin  mûri

Le travail est là, et chacun se dépêche,

Et dans toutes les vignes de la Roque au Mourel

Même à l’aqueduc, même à Villarzel

Les femmes en chantant remplissent les comportes

Que les charretiers ramènent jusqu’à leurs portes

Le grenache, la violette tout dans le même saut

Donneront un vin doré qui paye pas de mine ;

Voici en un mot, ce qu’est notre village

Où nous vivons heureux, content et bien sages

Comment ne t’aimerions nous pas, nous qui toujours

Y faisons notre vin avec autant d’amour

Conilhac, Conilhac, si un jour, t’avons quitté

Mais la guerre finie et tout bien achevé

Nous reviendrons ensemble dans notre belle ville

S’amuser en famille et travailler la vigne

Nous y retournerons toujours pour y vivre en paix.

 

QUELQUES ECLAIRAGES SUR LA CONSTRUCTION DU BATIMENT MAIRIE-ECOLE

Notre Mairie a été distinguée il y a quelques années dans un ouvrage de Robert Liris consacré aux plus belles mairies de France. (Référence ouvrage :
En effet, si l’architecture et l’agencement intérieur n’ont rien de particulièrement intéressant et rappellent les constructions de la fin du 19ème siècle, la façade se révèle fort intéressante et comporte énormément de symboles (en relation avec la période de construction).
20080508_6415_redimensionner.JPG La République est symbolisée par la Marianne qui domine l’édifice et s’élance vers le ciel encadrée par une voûte céleste.
Sur les côtés de la fenêtre principale (balcon), les lettres R et F sont mises en valeur par le cerclage des sculptures. Les outils présents au-dessus des fenêtres du rez-de-chaussée suggèrent, quant à eux d’autres symboles à la fois maçonniques (les loges étaient très puissantes à cette époque) et compagnonniques. A droite nous trouvons le compas, la truelle et le rapporteur ; à gauche le compas, le marteau et l’équerre. Dans la symbolique maçonnique, le compas signifie justice, tempérance, et figure l’intelligence, les idées, l’esprit. L’équerre, quant à elle, signifie sagesse, rectitude, droiture mais aussi la matière, l’effort, le métier, le travail.
Nous avons donc retrouvé aux archives départementales quelques renseignements sur la construction de notre premier édifice public qui a engendré, comme tout projet important, une vive contestation au sein de notre commune qui comptait alors environ 800 habitants. Les débats au sein du Conseil Municipal furent virulents pour faire admettre ce projet.
Nous sommes donc aux alentours de l’année 1870 et la situation politique nationale est pour le moins confuse. Thiers obtient des monarchistes la reconnaissance provisoire d’une République et le pouvoir balance sans cesse entre Monarchie et République. Mac Mahon lui succède en 1873 et restaure la Monarchie.
En 1875, devant les échecs répétés de sa politique, Mac Mahon s’incline et la 3ème République qui en découle se veut parlementaire.
L’Assemblée donne à la France une constitution avec un président républicain, 2 assemblées (Sénat et Chambre des Députés) avec des ministres responsables devant le Parlement. Cette constitution est restée valable jusqu’en 1940.
En 1878, Jules Grévy accède à la présidence de la République. C’est le début de profondes réformes dans la société française dont la plus marquante fut la loi Jules Ferry sur l’instruction publique (l’enseignement dispensé aux enfants de 6 à 13 ans sera obligatoire, gratuit et laïque) en 1881.
Dans les villages, la vie suit son cours, loin de tous ces remue-ménages parisiens. Notre commune comprend alors 800 habitants qui cohabitent du mieux qu’ils le peuvent au gré des récoltes et des saisons.
En 1876, la municipalité d’alors, dirigée par Aimé Dantras, comprend 12 conseillers. On y relève des noms de familles encore présentes aujourd’hui. François Poudou est l’adjoint au maire, Paul Soulès, Jean Poudou, Baptiste Francès, Firmin Fontrouge, Honoré Lignières, Antoine Mas, Isidore Marty et Lucien Lasserre sont conseillers.
La mairie est située face à l’actuelle maison d’André Marty (à côté de l’actuel monument aux morts) sur l’esplanade en prolongement de l’église. La mairie occupe le rez-de-chaussée et l’école (plus ou moins fréquentée) au premier étage.
L’idée d’instruction publique fait alors son chemin et il est plus facile de recenser les enfants dans un village comme le nôtre que dans les villes. Les locaux se révélant quelque peu étroits, la municipalité décide d’acquérir un terrain appartenant aux mariés Germa et aux mariés Balmigère en vue d’une future construction (école plus mairie).
L’enquête publique (ouverte du 30 mai au 4 juin) fait apparaître des contestations au sein du village (insalubrité du terrain, proximité d’un café) mais le Maire, Aimé Dantras, passe outre estimant que : « …Ces oppositions sont toutes systématiques et mal fondées dont une fait valoir un motif d’insalubrité qui n’existe pas et l’autre le rapprochement d’un café situé à une distance marquante. Considérant que les 14 signatures ne représentent nullement les intérêts de la commune, considérant que les signataires exposent des raisons illusoires et dissimulent le vrai motif de leurs oppositions fondées sur l’intérêt personnel (…) est d’avis qu’il (le projet) reçoive son exécution… »
Le terrain est donc acheté mais les travaux ne commenceront pas tout de suite.
L’arrivée de Jules Ferry et le développement de la notion d’instruction publique provoquent le déclic. La municipalité de 1882 (Jean Boudes en est le maire) fait exécuter un devis estimatif des travaux (95 000 F.) par l’architecte M. Esparseil. La commune peut bénéficier d’une aide gouvernementale de 30 000 F. et doit avoir recours à l’emprunt pour une somme de 70 000 F. (la commune paiera 2 800 F. par an pendant 30 ans).
Les plus forts imposables sont réunis en mairie pour donner leur avis et leur autorisation car les impôts vont devoir être augmentés de…34 centimes ½ par habitant !!!
Après une longue procédure, les travaux débutent enfin et sont effectués par l’entreprise Paul Carrié sous le contrôle de l’architecte Esparseil.
Ils se termineront en 1884 et auront coûté 90 596,98 F. (hors achat terrain).
La Municipalité avait alors la composition suivante : M. Etienne Mas (adjoint) faisait office de maire. En effet, nous ne trouvons plus la trace de M. Jean Boudes. Etait-il décédé ? Rien ne permet de l’affirmer de façon sûre.
On relève sur le procès verbal d’exécution les noms suivants : Xiffre, Manieval, Lasserre, Testory, Cadène, Mounet, Vidal, Galibert et Etienne Mas.
Un énorme projet qui dura bien quelques années mais qui fut une extraordinaire aventure humaine et une avancée considérable pour notre village car si la mairie est un formidable outil au service de la collectivité, n’oublions surtout pas ce que dit une vieille chanson traditionnelle : « Un peuple est grand quand il sait lire… »

René GRAUBY